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 [Avis en Vrac] Fog (1980)

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MessageSujet: [Avis en Vrac] Fog (1980)   Sam 8 Aoû 2009 - 16:30



Fog (1980) : Avis en Vrac

Introduction :

Après Halloween – La Nuit des Masques, père du slasher et du film mettant en scène un serial killer aux côtés de Psychose de sir Alfred Hitchcock (en plus d’être le premier d’une longue série de films sur le tueur de la célèbre fête des morts) et bien avant des classiques du genre fantastique tel que The Thing ou encore l’Antre de la Folie (pour ne citer que quelques uns de ses films), John Carpenter réalise en 1980 un film assez méconnu (du moins, pour les néophytes) dans sa filmographie : Fog. S’étant fait tout de même un minimum connaître à cause de son budget misérable (l’un des plus petits du genre) et du premier montage que Carpenter lui-même jugeait comme un ratage total, The Fog (titre en version originale) mérite-t-il d’être un peu plus connu dans la filmo du grand du genre (parmi tant d’autres) ? Œuvre cinématographique sous estimée, ou bien film qui ne mérite que de retourner dans l’épais brouillard que constitue les films méconnus ? La réponse dans cet avis, et ce sans plus tarder !

Avis :

Fog est le sixième film de John Carpenter. Comme son titre l’indique, l’histoire du film tourne autour du brouillard (et non pas autour de la brume, qui se dit mist en anglais pour la petite information linguistique), et ce dernier à décider de sévir sur le petit village de pêcheurs appelé Antonio Bay, en Californie du Nord ; alors que ce dernier allait fêter le centième anniversaire de la création de la commune. Ce qui aurait pu n’être qu’un vilain imprévu météorologique lors de ces joyeuses festivités va vite se transformer en cauchemar pour les habitants, puisqu’à l’intérieur de cet épais brouillard qui envahit terre et mer sont tapis des fantômes de pirates revanchards, bien décidés à se venger de l’incident qui leur a couter la vie un siècle plus tôt prêt de Antonio Bay. Dans cette horrible situation, la dirigeante de la station de radio du coin ainsi qu’un petit groupe de personnes vont tenter de survivre, et découvriront bien vite les terribles secrets qui se cachent derrière ce brouillard infernal, mais aussi derrière les fondations même d’Antonio Bay …

Autant l’avouer tout de suite, l’histoire de Fog n’a rien d’original, ou du moins si l’on fait abstraction du point de départ du scénario qui sort des sentiers battus (un brouillard bourré de fantômes hargneux prêt à tout pour zigouiller la population d’un village proche de la mer où ils sont morts il y a de cela 100 ans, on en a rarement vu au cinéma). Que ce soit dans les grandes lignes du scénario ou dans le caractère des personnages, il n’y a aucune surprise dans le déroulement de cette histoire de fantômes et de vengeance. Les personnages sont stéréotypés au possible (l’héroïne qui s’assure plus de la santé de son fils que celle de tous les habitants, le curé qui jure que les événements qui se passent sont la punition du seigneur devant les péchés des habitants passés et présents de Antonio Bay, la dirigeante de la fête qui fera tout pour la maintenir …), les situations sont clichées (pas de moyen de communiqué vers l’extérieur, événements paranormaux qui introduisent la menace, apparitions soudaines, personnes trop curieuses qui préfèrent aller voir qui a fait le bruit inquiétant plutôt que d’aller se planquer et qui vont se faire tuer …) et on devine très facilement et dès le début comment cela peut se terminer, et ce en dépit d’un « faux » happy end (assez réjouissant cela dit). Pourtant, deux raisons font que ce qui aurait pu devenir une énorme tare (en même temps, on ne demande pas grand-chose au genre sur le plan du scénario) pour Fog devient rapidement un atout : l’ensemble à beau être prévisible, il n’en reste pas moins efficace mais surtout, le fond est, à la plus grande surprise de certains ; suffisamment profond pour offrir un second niveau de lecture très intéressant. Qui dit histoire de fantômes dit forcément lourd passé, et ce dernier est au cœur même du propos de Fog. Car Antonio Bay a été fondée sur un terrible secret, que les enfants des fondateurs devront payer dans le sang. Fog traite donc des secrets qui animent chacun, pour finir par les ronger à l’intérieur. Le brouillard peut être en effet vu comme un poison, celui de la vengeance, du regret et du passé ; qui s’infiltre partout, et ne s’en ira que lorsque le du sera rendu, soit la justice. Le film de Carpenter interroge aussi sur notre passé et l’influence qu’il a sur les futures générations, et la capacité à pardonner. Une histoire pas aussi bête que ça, et bourrée de symboliques (le brouillard comme dit précédemment, mais aussi dans les fantômes, qu’on ne voit jamais. Ainsi, ces derniers sont représentés par des masses d’ombre, et il est possible au spectateur de s’imaginer la figure des fantômes si il se retrouvait un jour dans ce propre cas avec un lourd passé …) pour une histoire au final on ne peut plus plaisante !

Mais bien évidement, même si le scénario est intéressant et finalement nullement dénué de fond, ce qui fait le cœur de Fog et des films du genre, c’est l’ambiance horrifique et les effets de surprise du film ! Et Carpenter oblige, l’ambiance est ici très travaillée. Avec un budget ridicule d’un million, Fog réussi à instaurer petit à petit un climat angoissant : au fur et à mesure que la brume apparait, la menace augmente, la tension monte d’un cran et le spectateur est de plus en plus tendu. La menace est permanente, et l’horreur est à l’image du brouillard : elle est partout et peut surgir n’importe où, n’importe quand. Cependant, c’est sur le second point de son ambiance que Fog pèche : le film angoisse, impose une ambiance stressante, mais ne propose en aucun cas des sursauts et des sensations fortes à son public. Et ce non pas parce que le film se base entièrement sur une tension et une horreur psychologique (on aurait même presque voulu que ce soit le cas), mais parce que les effets de surprise de Fog sont à l’image de Halloween : ils ne fonctionnent pas, et pour plusieurs raisons. La première est évidement pour une question du budget. Ainsi, les moyens pour faire bondir le spectateur sur son siège sont faibles, et cela se voit. On se retrouve donc avec des apparitions d’esprits assez cheap, et des vitres ou éléments du décor détruits complètement ringards. La seconde et principale raison à cette absence de sursauts est aussi due aux ficelles scénaristiques. Fog se base essentiellement sur le même principe pour procurer la frousse : la brume apparait, petite montée d’adrénaline avec la musique stressante et la conviction que le mal va frapper … et justement ce dernier va frapper à la porte avec un crochet ! Interrogations de la victime, ouverture de l’endroit où vient le bruit, rien, et puis attaque. Cela ne fonctionne pas car d’une part c’est un effet tellement connu (depuis le temps !) qu’il n’y a plus aucune surprise, mais d’une autre part car le film se base sur les mêmes effets horrifiques tout au long de la durée du long métrage ! Dommage donc, même si on arrive facilement à pardonner (ou partiellement) à Fog ce fait dû au manque de budget, mais aussi parce que le film a vieilli et qu’à l’époque, ce genre de recette fonctionnait à merveille. Cependant, comme Halloween, le film à beau être dénué de sursauts, Fog pose une ambiance très forte et c’est cela le principal (la preuve, Halloween est pour beaucoup, ainsi que pour votre rédacteur ; le meilleur film d’horreur du cinéma … alors que ce dernier ne fait aucunement peur ! Un comble !)

Cependant, pour qu’une ambiance fonctionne totalement, il faut aussi que le film soit porté par un casting crédible pour pouvoir faire croire au spectateur que ce qu’il voit à l’écran n’est pas de la fiction … ou du moins le temps du film ! Et Carpenter sait composer ses castings, puisque celui de Fog est particulièrement bon. Principalement composé d’inconnus (qui n’en sont pas moins dotés de talent, fait rare), ce dernier propose aussi de grands noms de l’époque, comme Janet Leigh (connue entre autres pour le rôle de Marion Craine, l’héroïne de Psychose) qui joue Mme. Williams, la femme qui organise la fête anniversaire de Antonio Bay totalement dépassée par les événements et très juste dans son rôle ou encore Jamie Lee Curtis (que l’on retrouva sous la coupe de Carpenter dans son précédent film, Halloween), la fille de Leigh ; dans le rôle de l’héroïne. Et en temps qu’animatrice radio qui fera tout pour sauver son fils de la menace brumeuse qui touche le village, Lee Curtis prouve encore une fois l’étendue de son talent avec une composition d’actrice des plus convaincantes. A elle seule, elle porte Fog de son talent. De quoi largement contribuer à l’ambiance du film, même si le doublage français n’est pas à la hauteur de la performance (aussi bien pour son personnage que pour le reste du casting. A voir en version originale donc, comme la majorité des films)

Techniquement, et comme exprimé précédemment, le manque de budget se voit très rapidement. En découle donc des effets spéciaux pas forcement de toute beauté, ou du moins sur certains plans. Lors des plans serrés, le brouillard arrive très facilement à être crédible à l’écran, mais quand il s’agit des plans larges (comme celui décisif dans l’histoire où Jamie Lee Curtis assiste impuissante en haut de son phare qui fait office de tour radio à l’invasion totale d’Antonio Bay et de la mer environnante par le brouillard), les effets spéciaux sont trop visibles et la crédibilité du film en prend un sacré coup (cependant, rien de suffisamment fâcheux pour en devenir risible !). Heureusement, les pirates fantômes ne sont que des formes, Carpenter nous épargnant donc des maquillages ratés dus au manque d’argent et cela en devient bénéfique pour la profondeur du propos (comme déjà énuméré plus haut). Mais pour le reste des aspects techniques du film, impossible de blâmer quoi que ce soit. La mise en scène de Carpenter est toujours aussi virtuose pour poser une ambiance unique et pesante (et dieu sait que la mise en scène est primordiale dans un film du genre), offrant des plans de toute beauté, du moins si ils ne sont pas « gâchés » par les effets spéciaux approximatifs. Enfin, comme dans Halloween ou d’autres films de sa part, Carpenter compose lui-même la musique du film. Jouant de son synthé, « Big John » livre des partitions musicales stressantes et stridentes qui contribuent à instaurer cette ambiance si particulière. Au final, même si Carpenter à livrer beaucoup mieux, il n’en reste pas moins que Fog est un classique du cinéma fantastique et horrifique à voir, rien que pour son ambiance, son casting ou encore sa profondeur insoupçonnée et aussi épaisse que le brouillard maléfique dont il est question …

Les + :

- L’ambiance, stressante et unique
- Un scénario assez original à la base …
- … et finalement nullement dénué de profondeur !
- Le casting, très convaincant
- Une mise en scène et une musique impeccables

Les - :

- Les effets de surprise, inefficaces et guère originaux
- Les effets spéciaux et les ficèles scénaristiques ont un peu mal vieillies
- Rien

Conclusion :

Méconnue du grand public, Fog est pourtant une œuvre fantastique de très bon cru. Même si le scénario au premier abord ne paye pas de mine question originalité et ce en dépit d’un point de départ rarement vu (une vengeance de fantômes qui se cache dans le brouillard pour décimer la population d’un village de Californie du Nord), même si les effets de surprise ne sont guère efficaces (la faute à un manque de budget flagrant et à des recettes éculées jusqu’à l’overdose) et même si l’ensemble a mal vieilli sur certains aspects (les effets spéciaux toujours, mais aussi sur les ficèles scénaristiques, clichées au possible), le troisième film de l’auteur culte du genre reste indispensable pour les amateurs du genre et avant tout pour son ambiance unique. Portée par une mise en scène des plus virtuoses et une musique oppressante, l’ambiance de Fog sait distiller des poussées d’angoisse à ses spectateurs quand il le faut, même si il faudra passer son tour pour bondir sur son siège. Mais la véritable terreur de Fog se joue dans les profondeurs de son scénario, moins simpliste qu’il n’y parait : traitant de la vengeance, du pardon, des remords et du poids du passé sur les générations présentes, les thèmes de l’œuvre brumeuse de Carpenter fait interroger le spectateur sur son propre cas devant une situation similaire (les fantômes n’ayant pas de visages, il est facile de projeter qui l’on veut). Un film plus intelligent que ce que l’on peut penser donc, et porté par un casting de haut niveau (Jamie Lee Curtis et sa mère Janet Leigh en tête). Même si en comparaison avec des œuvres de sa filmographie tels que Halloween, le sommet jamais inégalé de Carpenter (et réalisé avant ce film) ; Fog n’arrive pas à se hisser au même niveau, il n’en reste pas moins un excellent film du genre. Que les amateurs et amoureux du fantastique et dans une certaine mesure d’horreur n’hésitent pas une seconde à plonger dans la brume ténébreuse de Fog, le voyage dans les méandres de Antonio Bay mérite de s’y attarder !


Note : 8,5 / 10
by Mémé

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MessageSujet: Re: [Avis en Vrac] Fog (1980)   Dim 9 Aoû 2009 - 9:21

Avis intéressant, mais bon, je ne suis pas tenté par le film car je ne suis pas trop film d'horreur (1 ou 2 par an ça me suffit, c'est tellement horrible à voir ces films xD).

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MessageSujet: Re: [Avis en Vrac] Fog (1980)   Mer 12 Aoû 2009 - 17:04

C'est pas un film d'horreur pourtant. Ok y a un petit côté, mais c'est plus du fantastique qu'autre chose. En tout cas, le remake me tente pas, sauf si c'est pour une soirée nanar : )

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